
La cie les Tambours Battants a créé "LIRE ATTENTIVEMENT (avant utilisation)" pour développer des projets liés à la lecture d'ouvrages littéraires > www.lireattentivement.com
et le Groupe DTC pour développer des projets amateurs et/ou expérimentaux > www.legroupedtc.com
"Les humains sont des animaux fabulateurs
et les sociétés humaines
ne sauraient fonctionner sans ces histoires.
En fin de compte, elles ne sont pourtant que des outils
que nous créons pour aider les gens.
Si une histoire fait plus de tort que de bien,
nous pouvons toujours en changer"
(Yuval Noah Harari, "Sapiens")
NOTE D'INTENTION D'UN PROJET AU LOOOOONG COURS
Il y a peu de temps, mon grand-père est décédé. Lors de ses funérailles, j’écoutais ses fils (mon père et mes oncles) raconter des anecdotes sur sa vie de mineur et de migrant italien. Comment il avait sauvé un collègue mineur coincé au fond lors d’un coup de grisou, son voyage périlleux entre sa Sardaigne natale et le nord de la France… Je découvrais ces histoires avec stupeur et j’ai réalisé à ce moment-là que je ne connaissais quasiment rien de l’histoire de mon grand-père.
Je suis un enfant du bassin minier et j’ai grandi au pied d’un terril. Littéralement. Il était juste derrière chez moi et c’était quasiment la seule chose que je voyais depuis la fenêtre de ma chambre. Mais ça ne me racontait rien de particulier. C’était juste là.
Si ce patrimoine ne symbolisait pour moi aucune histoire particulière et si je ne connaissais quasiment rien de l’histoire de mon grand-père… qu’en est-il de mon fils ?
Pourtant, ces scories du passé sont là, sous nos yeux, tous les jours. Et cette histoire, qu'on le veuille ou non, a participé à notre construction, génération après génération, en tant qu'individu et en tant que communauté. Et elle n'est donc pas pour rien dans ce que nous sommes devenus aujourd'hui, en tant qu'individus et en tant que communauté.
Ce sont ces questions, entre autres, qui me lancent aujourd’hui dans cette nouvelle aventure artistique, certainement pas pour raconter ma vie, ni pour «célèbrer» le patrimoine minier, mais pour fantasmer la communauté solidaire et festive de demain, pour créer un spectacle de science-fiction et pas un spectacle historique.
Car, comme le dit Yuval Noah Harari dans l'exergue "Si une histoire fait plus de tort que de bien, nous pouvons toujours en changer".
D’ailleurs, il ne s’agit même pas, fondamentalement, d’un projet sur le bassin minier, mais d’une expérience artistique explosant les lieux communs sclérosés pour inventer un nouveau grand récit, collectif et inspirant, à partir des ruines du passé.
C’est juste que ça se passe chez moi...
Grégory CINUS, metteur en scène
Au delà de la référence immédiate aux mineurs,
« ALLER AU FOND »,
ça veut dire aller au fond des choses, creuser un sujet jusqu’à la racine.
«ALLER À FOND»
c’est une invitation à lâcher prise,
à libérer son énergie,
à ne rien faire à moitié.
Et, donc,
«ALLER A(U) FOND»
C’est tout ça en même temps !
Et c’est un projet artistique et culturel basé sur 4 notions primordiales
1 – LA TRANSMISSION (INTERGÉNÉRATIONNELLE)
2 – LA NARRATION
3 – LA COMMUNAUTÉ
4 – LA FÊTE
Le spectacle sera une forme hybride.
D’abord parce que se côtoieront dans un même espace de jeu des interprètes professionnels et non-professionnels, des artistes et des habitant-e-s de tous âges et toutes origines.
Ensuite parce qu’il plonge les spectateur-rices dans un univers total, de leur entrée dans la salle de spectacle jusque la sortie. La structure du spectacle se décompose en trois étapes :
1) LA KERMESSE
Le hall est transformé en kermesse thématique, avec des jeux de fête foraine (ou de village), chamboul’tout, tir aux pigeons, etc. mais en utilisant le thème du jeu comme symbole d’une histoire à raconter : qui est-ce qu’on a envie de dégommer ? Qui sont les pigeons ? etc. Le tout animé par des habitant-e-s qui racontent des histoires de vie en même temps qu’ils/elles animent les jeux.
2) LE SPECTACLE
Après une première partie sous forme de théâtre radiophonique et documentaire parodique et plein d'auto-dérision et une seconde partie utilisant certains éléments du patrimoine minier comme métaphore pour raconter des histoires contemporaines, le spectacle entame son grand récit. Un grand récit moderne. Une histoire de science-fiction, une histoire fantastique, un récit d’aventure futuriste, une épopée d’Heroic Fantasy pour demain, pleine de créatures néo-mythologiques et de héros/héroïnes puissant-e-s.
Ca commence comme un conte, «il était une fois...», puis ça se rythme, ça se scande, ça monte en puissance au fur et à mesure que la lumière revient. Et quand celle-ci inonde à nouveau le plateau, c’est tout un groupe de musique qui apparaît aux yeux du public et le spectacle passe en mode «concert» galvanisant et enjoint le public à en faire de même.
3) LE BAL/CONCERT
C’est comme une expérience de vie, sans début ni fin. Le spectacle ne se termine pas de manière classique : fin/noir/salut/rappels, mais par un moment ouvert concert/bal pour venir danser sur la scène où rouvrir la buvette en musique.
Nous abordons cette création, dans ce laboratoire qu’est le théâtre, comme une expérience à échelle réduite d’une utopie de communauté soudée, festive, créative, intergénérationnelle, mixte et solidaire. Une expérience que nous espérons inspirante et motivante.